L’influence des processus morpho-dynamiques volcaniques récents dans la dynamique littorale de la Montagne Pelée

Prise en compte dans l’aménagement des lieux habités

Fondation de France, 50 Pas Géométriques – Martinique – 2017

montagne-pele

Notre secteur, au nord de la Martinique, présente la particularité de comporter en son centre un volcan dont les flancs nord, est et ouest se jettent dans la mer, ce volcan s’est réveillé deux fois en cent vingt ans, l’éruption de la Montagne Pelée 1902 a anéanti la ville de Saint-Pierre.

Les premières implantations humaines sur l’Ile de la Martinique se sont établies sur les pentes du volcan. Ce choix d’implantation n’est pas exceptionnel, il est commun aux occupations de la chaine Caraïbes qui compte au moins neufs volcans actifs mais aussi à  de  très nombreux sites volcaniques insulaires répartis dans le Pacifique, l’océan Indien, la Méditerranée, en raison de la très grande fertilité des sols des flancs nourris par les cendres et la lave. De plus, la chaleur et l’humidité du climat tropical contribuent à cette fertilisation.

Sols fertiles, présence de la mer, altitude, rivières, plages, mouillages, constituent ensembles de très bonnes raisons de s’implanter sur les pentes d’un volcan.

La mémoire des siècles passés et le souvenir d’évènements violents, contribuent quelquefois à mieux choisir les emplacements les plus propices aux implantations humaines.

L’archéologie martiniquaise semble indiquer que les amérindiens ont eu à affronter la colère du volcan, ce qui les auraient amenés à quitter l’île, pour revenir plus tard s’implanter de façon plus sécuritaire sur les pentes de la côte atlantique soumise à une bonne pluviométrie.

Cette mémoire a peut être manqué en 1635, dans le choix de l’implantation de la ville de Saint-Pierre, au piémont du volcan. Le flibustier Pierre Belain d’Esnambuc a préféré s’abriter assez logiquement en basse terre qu’en « cab-est-terre » exposé aux vents d’est d’autant plus que les tribus Caraïbes hostiles occupaient l’autre flanc.

Une mémoire sur une durée insuffisante peut être trompeuse, en avril 1902, sur la foi de l’expérience des éruptions des trois siècles précédents, l’administration de Saint-Pierre ne croit pas à la nécessité d’évacuer la ville. L’éruption de 1902 fera 27000 morts à Saint-Pierre.

Eruptions volcaniques, lahars, tsunami, raz-de-marée, font donc partie des risques de notre secteur d’étude auxquels il convient d’ajouter sur l’ensemble de la Martinique le risque sismique et surtout le le risque cyclonique, qui peut s’accompagner de pluies très abondantes, provoquant des glissements de terrain, des inondations.

Les côtes de la Martinique, font partie des emplacements les plus exposés :

De façon générale, les façades des villes et villages exposées à la mer et aux intempéries sont soumises à l’érosion et à de fortes dégradations, ces risques sont de fait les plus fréquents et les plus visibles, les villes et villages portent les traces de l’érosion permanente des constructions trop exposées, villages abandonnés, rues délabrées, maisons ruinées…

Mais aussi ce sont des emplacements recherchés, proximité de l’eau de rivière, proximité de la mer (pêche, mouillage ) proximité de terres fertiles, liaisons maritimes mais aussi terrestres beaucoup plus aisées que par l’intérieur plus escarpé. Et, la plupart du temps, en dehors des tempêtes et des cyclones dont la fréquence reste faîble, ce sont des lieux extêmement agréables à vivre où les hommes entretiennent un rapport ludique avec les éléments naturels.

De plus, les meilleurs terrains intérieurs ayant été réservé aux cultures, la zone côtière  des cinquante pas géométriques (exclusive de la propriété privée) a accueilli  après l’abolition de l’esclavage les «cases » des familles de travailleurs agricoles, d’ouvriers de pêcheurs aux marges des concessions ou des pôles citadins où une frange de la population la plus marginalisée a bénéficié d’une part de liberté appréciable.

Dans les faits ce sont sur les côtes les plus exposées aux risques et aux difficultés climatiques que se sont retrouvées les populations qui ne s’inserraient pas dans les organisations villageoises par manque de moyens (pour acquérir un terrain par exemple), par manque de place ( mais leur a t’on fait la place?), ou par choix (à l’écart des autorités économiques, religieuses de la société créole dans une forme de post-marronage) et ce sont sur ces côtes exposées, qu’aujourd’hui subsistent des habitants, souvent marqués par l’âge, les handicaps, les problèmes de santé, la précarité financière, dans des conditions d’habitat vétuste, souvent insalubres.

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